Avant-tout : la relation de confiance
La médecine est une relation bilatérale entre un(e) praticien(ne) et un(e) patient(e), faite de confiance et de respect mutuel.
Bien évidemment il n’est pas question de se laisser opérer si le praticien qui vous le propose ne vous inspire pas confiance. Réciproquement, il peut arriver qu’un chirurgien refuse d’opérer un patient si la relation n’est pas bonne.
Lorsque tout se passe au mieux, on pourrait se dire que cela importe peu. Néanmoins, il ne faut pas négliger l’aspect psychologique de la prise en charge : votre état de stress et d’inquiétude, qui peut souvent être élevé autour du geste chirurgical, surtout sous anesthésie locale, joue beaucoup dans la bonne réalisation du geste. A titre d’exemple, il a été démontré (et constaté) qu’un patient stressé a plus de risques d’avoir une anesthésie moins efficace qu’un patient serein.
Votre intuition et votre ressenti dans la relation comptent énormément. Si vous vous sentez bien avec le praticien, si vous pensez qu’il saura mener à bien la mission que vous le confiez, qui est précieuse, c’est un bon indice.
Un bon chirurgien posera les bonnes indications et saura vous dire non
Le chirurgien est par nature juge et partie puisqu’il a un intérêt à opérer (pas uniquement financier mais aussi en terme de réputation, de volume pour maintenir un niveau, etc).
Un bon chirurgien pose avant tout des infications valides. Il sait opérer à bon escient, au bon moment, en respectant les choix thérapeutiques possibles et discutés en accord avec le patient. Il pose les bonnes questions, prend le temps d’élaborer son diagnostic consciencieusement et échange avec vous pour répondre à vos questions et demandes précisément.
En chirurgie réfractive, on est jamais obligé d’opérer. On est jamais dans l’urgence. Cette chirurgie de confort se réfléchit, son indication se discute. Il faut bien programmer le laser, avoir pris le temps, parfois sur plusieurs consultation de cerner les besoins et d’essayer les possibilités de correction avec des lentilles.
Il y a des cas où les risques, même très faibles, surpassent le risque minimal standard. Le chirurgien ne doit pas vous proposer la chirurgie dans de tels cas mais s’abstenir de tout geste (« primum non nocere »). Un bon chirurgien vous dira non s’il le faut parce que son volume opératoire importe peu par rapport à votre état de santé.
La relation de confiance prend tout son sens ici. Les examens préopératoires sont idéalement réalisés en même temps que la consultation, et le chirurgien ne doit chercher à vous proposer un geste (« tiens, vous ne voudriez pas être opéré(e) de la myopie ?« ).
Un bon chirurgien sait gérer les complications
Il n’y a pas de chirurgie sans risque opératoire.
Opérer les cas simples et sans complication c’est une chose, mais savoir gérer quand le cas se complique s’en est une autre. En chirurgien réfractive, le laser réalise une grosse partie du geste qui ne pose pas difficultés technique particulière dans la quasi-totalité des cas. Ce qui explique la quantité de chirurgien(ne)s proposant cette activité, malgré un volume faible.
Les très rares cas compliqués doivent cependant être gérés convenablement. Une belle expérience et un certain volume opératoire garantissent maitrise et bonne gestion dans ces cas.
Il faut aussi savoir passer la main car un chirurgien ne travaille pas seul dans un territoire mais fait partie d’un réseau avec ses collègues qui peuvent parfois avoir une autre approche ou autre regard sur un cas : il faut savoir adresser si nécessaire.
Le bouche-à-oreille
Votre chirurgien n’opère probablement pas pour la première fois. Il a sûrement des connaissances ou des personnes du même territoire qui seront passées entre ses mains et sauront vous raconter leur expérience. Ces avis sont précieux puisqu’il vous donneront une vision de patient, neutre, et qui correspondra nécessairement plus à votre ressenti personnel.
Vous pouvez aussi vous renseigner autour de vous ou dans la ville. L‘avis de professionnels de santé d’autres spécialités est souvent intéressant car tout en ayant une vision métier, ils auront aussi eu le retour de leurs patients qui auront déjà été opérés par le praticien.
Prendre le temps de renseigner est important. Cela participe à la construction de la relation de confiance dont il est question plus haut. Mais peut-être n’êtes vous pas venu consulter ce chirurgien par hasard ?
Et les avis google alors ?
Les avis laissés par les patients sont souvent fiables pour ce qui est de l’aspect humain de la prise en charge : échange, temps de consultation, réponse aux questions, éventuel retard… car il reflète le vécu des patients.
Sur la partie médicale, la vision des patients est souvent biaisée par l’incompréhension d’un diagnostic, d’un traitement ou d’une prise en charge. Ce n’est probablement pas le reflet fidèle de la qualité médicale ou chirurgicale des soins prodigués. N’oubliez pas que chaque histoire à deux versions et que le professionnel soumis au secret médical ne peut répondre que sur des éléments généraux de prise en charge, jamais sur un cas précis.
Enfin, méfiez vous des trop nombreux avis dithyrambiques ne parlant que la chirurgie sans mentionner les aspects humains : il s’agit peut-être d’avis achetés, bien que la pratique soit illégale.
La visibilité sur internet n’est malheureusement pas du tout un gage de qualité. Les algorithme des moteurs de recherche ou les IA privilégient certaines références qui ne sont pas toujours significatives en pratique (lieu de formation, existence d’un diplôme universitaire – DU ou DIU – souvent purement théorique, participation à des sociétés savantes où il suffit de payer pour s’inscrire, mention de titre étrangers). Il est difficile de faire le tri sans être du métier. Les titres pompeux n’engagent souvent que ceux qui les prennent pour argent comptant…
Si vous ne savez pas vers qui vous tourner, les sites web sponsorisés, émanant de sociétés commerciales, vous ont peut être amené(e) vers des chirurgiens qui ont besoin d’augmenter leurs volumes… De même, les forums et autres réseaux sociaux sont parfois biaisés par des professionnels qui cherchent à augmenter leur visibilité ou des société rémunérées pour cela. Il est important de poser des questions à des personnes connues ou de se renseigner sur les personnes qui postent ces commentaires.
Prenez le temps
En conclusion, il surtout important de prendre le temps de se renseigner, en direct avec le praticien, sur internet et auprès de tiers, quand la chirurgie n’est pas urgente, avant de se faire opérer.
Le bon chirurgien c’est surtout celui qui répondra à vos attentes et fera de votre chirurgie réfractive le succès que vous attendez !



